Georges est né en Février 1921 au Caire où travaillait sa famille. Il s’y trouvait lors de la déclaration de guerre, et il s’engagea dans les FAFL le 6 Janvier 1942.   Envoyé à Rayack (Liban) comme élève-mécanicien, il en sort Major de sa promotion et caporal-chef le1er septembre 1942, date à laquelle il est affecté au G.C. III “Normandie” sur demande du Commandant Joseph Pouliquen. Georges Marcelin participe à la première campagne de ce Régiment..

Roland De La Poype

 

Yak-3 n°24 de Roland De La Poype

Mécanicien de Roland De La Poype, il travaille par des températures inhumaines descendant jusqu’à des -35°C , sur des terrains rudimentaires toujours très proches du front car les Yak ont un faible rayon d’action.

En Octobre 1943, les mécanos Français laissent place aux mécanos Russes.

Georges retourne à Rayack, puis il est affecté au G.C. III/3 “Ardennes” en Afrique du Nord. Il est alors mécanicien sur P-40 puis P-47. Il retrouve la France en Octobre 1944 à Salon de Provence, puis Lyon-Bron, Ambérieu, Luxueil, et enfin Colmar où le trouve l’Armistice.

Il poursuit sa carrière dans l’Armée de l’Air où il obtient un Brevet de Mécanographe, se spécialise dans l’éducation physique, et enfin obtient le diplôme d’état de Kinésithérapeute, profession qu’il exercera après son départ de l’Armée le 10 Juin 1959 jusqu’à sa retraite en 1986.

Georges a été décoré de nombreuses fois, que ce soit par le gouvernement Français ou par le gouvernement Russe.

Roland De La Poype et Georges Marcelin

Mécanicien de Roland De Lapoype pendant la guerre, le sort a voulu que ces deux hommes se retrouvent en temps de paix puisque Georges habite à Antibes, la ville où Roland De Lapoype a créé le célèbre Marineland, parc d’attractions aquatiques.  

POEMES DE GEORGES MARCELIN

BALLADE DU NORMANDIE NIEMEN

(A tous ceux qui le firent)

 

Soixante hommes jadis, courageux s’en allèrent,

En lointaine Russie endeuillée par la guerre.

Un cruel conquérant ravageait le pays,

C’était celui-là même qu’un jour ils avaient fui.

Pilotes, mécanos, armuriers et radios,

Chassés de leur pays, en avaient le cœur gros.

Ils partirent là-bas le cœur plein d’espérance,

Car ils voulaient très fort revoir le ciel de France.

Leur groupe prit un nom, celui qui fut choisi,

Un nom évocateur: G.C.3 “NORMANDIE”,

Province occupée, plongée dans le malheur!

Un enfant du pays, LEFEVRE, était des leurs.

Ils arrivèrent là, lancés dans l’inconnu,

Mais furent accueillis comme des enfants perdus.

C’est au cœur de l’hiver, dans la neige et le froid,

Que commença pour eux ce terrible combat.

Farouches, ils se battirent sans marchander leur peine,

Forçant l’admiration de tous les Russes eux-mêmes.

Ce conflit sans merci trempa leur volonté,

Transcendant leur courage et leur habileté.

Ils ont lutté, souffert, et même eut peur parfois,

Mais n’ont jamais plié car ils avaient la foi!

De bataille en combat, chaque fois mieux armés,

Dans ce ciel tourmenté ils se sont imposés.

“Vendre chèrement sa peau”: ce fut là leur serment,

Ils vendirent la leur un prix exorbitant,

Car pour quarante-deux qui ne revinrent pas,

Par cents les ennemis y trouvèrent trépas.

Poursuivant leur croisade en dépit des saisons,

Sans cesse ils ont volé, repoussant l’horizon,

Acculant l’ennemi jusques en sa demeure,

Et le nom de “NIEMEN” fut leur fleuron d’honneur!

LEURS AMIS DISPARUS JALONNENT CE CHEMIN,

Ils en ont tous gardé un pudique chagrin.

Vint enfin ce grand jour où l’enfer s’arrêta,

Où l’ennemi vaincu avait baissé les bras.

Le fracas des combats le céda au silence,

Finie a tout jamais l’infernale cadence!

Pour retrouver la France ils avaient combattu,

Aux duels meurtriers ils avaient survécu.

Ils en conçurent alors une indicible joie,

Et chacun put se dire: “JE VAIS RENTRER CHEZ MOI!”

Toi, NORMANDIE-NIEMEN, au nom couvert de gloire,

Tes combats et tes morts ont écrit ton histoire.

De tous tes fiers enfants beaucoup nous ont quitté,

Mais dans notre mémoire tous leurs noms sont restés,

Ce “Devoir de Mémoire”, nous devons le crier,

Pour que ton nom de tous ne soit pas oublié!

Un flambeau éclatant tu allumas jadis,

Transmis de main en main à chacun de tes fils,

Qui sont bien aujourd’hui tes dignes descendants,

Gardiens de ta légende qui survivra au temps!

HONNEUR    et   PATRIE

LES FRANÇAIS LIBRES

( A”SA” mémoire)

C’était il y a longtemps ! Autant qu’il m’en souvienne,

Nous étions jeunes et forts, nous avions la vingtaine.

Nous fûmes tous chassés ! Comme des chiens errants

Par des dogues furieux qui convoitent leurs niches !

Nous voulions résister, mais ne savions comment.

De courage pourtant, nous n’ en étions pas chiches !

Nous étions purs et durs, et aussi pleins de rage,

Prêts à mordre, à tuer, comme des chiens sauvages !

En deuil étaient nos cœurs, et nous voulions vengeance,

Contre ceux qui avaient assujetti la France !

Qu’ il est donc loin ce temps !

Mais la ”VOIX” s’ éleva ! Nous I’ avons écoutée;

L’ espoir est revenu, le soleil a brillé;

Pour nous , les ”Français Libres”, la nuit s’est dissipée !

Nous avons tous suivi “CELUl” qui “appelait” !

Sa voix nous a promis une victoire éclatante,

Mais pour la conquérir, des batailles sanglantes !

Nous avons parcouru les terres et les mers,

On nous a vu aussi combattre dans les airs.

Nous avons tous lutté, ignorant la souffrance,

Cela le valait bien, pour délivrer la France !

Qu’il est donc loin ce temps !

Nous avons au départ affronté des déserts,

Où le soleil vous brûle, avant-goût de l’enfer !

On n’y entend jamais l’eau fraîche qui ruisselle,

Mais souvent, en raclant le fond de nos gamelles,

Nous en sentions crisser sous nos dents agacées,

Le sable du désert où nous devions coucher !

Par ailleurs, combattant en des plaines glacées

Nous pleurions sur nos mains qu’il fallait “dégeler” !

Volant sous d’ autres cieux, traversant la mitraille,

Nous allions bombarder, revenant “‘vaille que vaille” !

Et pour nous, les marins, dessus les mers hostiles,

Par tempêtes et combats, ce ne fut pas facile !

Notre flotte partout a hissé son pavois,

Prouvant au monde entier, que nous étions bien là !

Qu’ il est donc loin ce temps !

En chars, en avions, en navires et…..à pieds,

Tous les champs de bataille, nous ont vu arriver.

Menés par le” Grand Homme”, qui repose là-bas,

Partout les Français Libres ont pris part aux combats.

Nous étions ses “‘Croisés”, nous portions son emblème,

Nous avons combattu sous la Croix de Lorraine !

Et c’est bien grâce à Lui, à sa ténacité,

Qu’aujourd’hui, dans nos cœurs, nous gardons la fierté !

Car, “HONNEUR et PATRIE”, ce fut là sa devise !

Qu’ IL repose en paix près de ses “Deux-Eglises

 

George Marcelin  nous a quitté le 17 septembre 2013.